Claude Henri Watelet

Paris, 28 août 1718 – Paris, 12 janvier 1786

Son portrait par Greuze le figure sous les traits du penseur, de l’écrivain, du collectionneur, du financier mais aussi de l’esthète. Ce que Claude Henri Watelet fut tout à la fois. Touche-à-tout bercé d’idéalisme, animé d’un insatiable désir de parfaire ses connaissances et ses dons, il usa non sans succès du pinceau, de la plume, s’essayant à la poésie et à l’écriture de pièces de théâtre, rédigeant dans l’Encyclopédie les notices relatives au dessin, à la peinture et à la gravure. Il usa et abusa de la séduction de sa conversation et de son esprit. Convié dans les salons de la marquise de Pompadour, de Mmes de Tencin et Geoffrin ou du baron d’Holbach, il en était la curiosité. Pourvu par héritage de la charge de receveur général des finances, il jouissait d’une fortune considérable qui lui permettait de s’adonner à une autre passion, le jardinage, dans sa propriété des bords de Seine, le Moulin Joly, lequel fut sans doute le premier exemple en France de jardin anglais ou « anglo-chinois ». Watelet fit d’ailleurs publier en 1774 un Essai sur les jardins, traité en faveur de ces jardins « affranchis de recherches insipides et d’une froide régularité ». Membre de l’Académie française paré d’une brillante réputation, celui dont le magistrat et mémorialiste Jean-Charles Deloynes (1741-1811)1 loua « la finesse d’esprit, la variété des connaissances, l’aménité du caractère, la politesse du ton et des manières » se détacha, un peu avant leur extinction par la force des baïonnettes, des lumières d’un siècle trop éclairé.

Rodolphe de Saint Germain,

historien