Historique des services éducatifs et de l’action pédagogique

On peut remonter à la deuxième moitié du XIXe siècle pour dater les premières initiatives des archivistes français destinées à ouvrir leur univers à des fins pédagogiques. Mais c’est avec la direction de Charles Braibant et la création d’un service éducatif aux Archives nationales, en octobre 1950, que démarre vraiment la politique éducative des Archives de France, relayée sur l’ensemble du territoire par la circulaire fondatrice du 5 novembre 1951. L’objectif fixé à l’origine, de « mettre les élèves […] en contact direct avec les documents d’histoire », reste le même, afin de leur donner les repères nécessaires, de former leur esprit critique, de mettre en regard l’histoire locale et l’histoire nationale.

Le premier service éducatif départemental est créé l’année suivante dans le Puy-de-Dôme. Le succès de ces créations va entraîner presque aussitôt la multiplication des services éducatifs au sein des Archives départementales. D’abord consacrés à l’accueil des scolaires de l’enseignement secondaire, les services éducatifs s’ouvrent au primaire au début des années 1970.

À partir de 1985, date de création du dernier service éducatif en Archives départementales (Archives de Paris), on assiste à un rayonnement de l’action pédagogique des Archives : ouverture de services, en Archives municipales désormais, comme à Marseille en 1986 ; réflexions théoriques dans des revues comme Historiens et Géographes, qui consacre en décembre 1989 un numéro spécial au rapport de l’école, ou lors du colloque sur les services éducatifs, organisé par la direction des Archives de France en 2005.

En 2016, le rapport sur Les activités éducatives dans les services d’archives présente un point très complet de l’existant, aussi bien en terme de moyens humains (professeurs-relais, agents des Archives) et de ressources matérielles (locaux, budget) que d’offres pédagogiques, en pointant les forces et les faiblesses à prendre en compte pour l’avenir.
Le service éducatif, à proprement parler, possède à sa tête un professeur-relais, mis à disposition par le ministère de l’Éducation nationale sous forme d’heures supplémentaires ou de décharge. Ses missions sont définies par la circulaire du 30 mars 2010.
Les liens n’ont cessé de se renforcer entre le ministère de la Culture et celui de l’Éducation nationale, depuis le premier protocole d’accord signé en 1983.


Aujourd’hui, les services d’archives, à tout niveau (national et territorial), s’adressent aux élèves de la maternelle à l’université, dans le temps scolaire et péri-scolaire et hors temps scolaire. Ils s’intègrent aussi bien dans les orientations données par l’Éducation artistique et culturelle (EAC) que dans des parcours spécifiques, tel que le parcours citoyenneté