Ivan Tourgueniev

Orel (Russie), 9 novembre 1818 – Bougival (Yvelines), 3 septembre 1883

Commémorer de manière nationale la naissance d’un écrivain classique russe relève de la gageure. Pourtant, Maupassant, son disciple, le considérait comme « presque français » et Taine, historien exigeant, regrettait qu’il ne le fût pas. Naître au temps du servage en Russie centrale pour mourir dans une ravissante banlieue parisienne correspond à un itinéraire intellectuel et sentimental plutôt enviable.

De l’écrivain on connaît surtout en France Premier amour, nouvelle autobiographique, sa préférée, ou bien le long cycle des Mémoires d’un chasseur où la chasse d’un seigneur sert de couverture à la diffusion d’idées sur l’émancipation du paysan russe asservi ; ou encore Pères et fils, un roman qui met en relief un nouveau type d’homme dans la société russe, le nihiliste, précurseur des bolcheviks du XXe siècle ; enfin une pièce de théâtre, Un mois à la campagne, où l’héroïne a tour à tour été immortalisée sur la scène parisienne par Jeanne Moreau, Delphine Seyrig et Isabelle Huppert.

Réunis, les romans et les nouvelles de Tourgueniev représentent plusieurs volumes. Sa correspondance en plusieurs langues, le russe, le français, l’allemand, l’anglais et l’italien, fait l’objet d’une édition de l’Académie des sciences de Russie en dix-huit volumes, dont la publication n’est pas achevée. Des recueils de correspondance croisée en français ont également vu le jour, notamment avec son meilleur ami, Gustave Flaubert, et, dans un autre registre, avec Pauline Viardot, la diva qu’il a chérie pendant quarante ans. Une revue, les Cahiers Ivan Tourgueniev, Pauline Viardot, Maria Malibran, fondée en 1977 en même temps que l’association du même nom (ATVM), comprend aujourd’hui trente et un numéros traitant des rapports de Tourgueniev avec les écrivains français et russes, mais aussi avec les musiciens et les artistes. André Maurois, Henri Troyat, Dominique Fernandez ont été, en près de cent ans, ses meilleurs biographes.

Un musée-mémorial rassemblant des collections d’autographes et de livres a été ouvert en 1983 dans le chalet de Bougival où Tourgueniev a vécu ses dernières années et où une salle des Droits de l’homme lui est consacrée. Grand Européen et démocrate, homme de paix, favorable au dialogue interculturel, il a illustré les idées maîtresses de l’Unesco qui a sans hésiter accordé son patronage prestigieux aux manifestations que l’ATVM organise pour le bicentenaire.

« Les Russes sont de la même race que les autres peuples européens, leur instruction et leur civilisation sont analogues, leurs besoins sont identiques, leur langue obéit à la même grammaire : aussi pourquoi la vie politique du peuple russe ne reposerait-elle pas sur les mêmes assises constitutionnelles que celles des nations ses voisines ? »

Alexandre Zviguilsky

président des Amis de Tourgueniev

docteur ès lettres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Programme des manifestations