Entrée des troupes alliées dans Strasbourg

22 novembre 1918

Le 22 novembre 1918, les troupes françaises entrent dans Strasbourg. Depuis le 11 novembre et l’annonce de l’armistice, la population vivait dans une incertitude accusée par le départ des autorités impériales et la tenue de « conseils de soldats et d’ouvriers » inspirés du modèle bolchevique. Durant ces dix jours, la vie politique connaît une reprise en main par les notables locaux qui assurent, tant bien que mal, la transition. La population est alors épuisée par quatre années de guerre, comme dans le reste de l’Empire allemand, malgré les efforts déployés par le maire Rudolph Schwander pour assurer le ravitaillement. L’armistice ouvre un espoir de paix, non sans malentendus sur la manière dont Strasbourg et l’Alsace seront réintégrées dans le concert français. Le départ de l’armée allemande et celui, forcé, des « Vieux-Allemands » créent un nouveau climat où doivent s’insérer les Français qui découvrent une ville germanophone et riche ainsi qu’une réelle modernité des institutions sociales. Il faut cependant refonder une université qui comptait parmi les plus brillants centres intellectuels de l’Empire. La date du 22 novembre évoque ainsi la joie de la paix retrouvée, mais aussi le début d’une époque qui voit l’Alsace et les Français se redécouvrir après plus de quarante ans de séparation.

 

Benoît Jordan,

archiviste paléographe